On est en 2014 et pourtant c’est le Moyen Âge

Aujourd’hui c’est la journée de la femme, l’occasion de parler, bien évidemment, des comportements sexistes, des violences et des inégalités qui existent toujours entre hommes et femmes à tous les niveaux de notre société. Alors oui, je suis probablement pas le mieux placé pour en parler dans la mesure où je ne suis pas moi-même victime de ces inégalités, mais ça ne m’empêche pas d’y être sensible et de croire à l’égalité.

Quelques chiffres pour comprendre la situation

Il y a environ 33 millions de femmes en France en 2013, on dénombre 75 000 viols par an et 198 000 tentatives de viol soit, en moyenne, 206 viols par jour rien qu’en France (En Afrique du Sud ce chiffre s’élève à 1300 par jour). 91% des victimes de viols sont des femmes, 74% de ces viols sont commis par une personne connue de la victime, 45% ont lieu le jour et  57% sur des mineurs (filles et garçons) et seul 1 viol sur 11 fait l’objet d’une plainte en France. Une femme meurt tous les trois jours de violence conjugal en France, en 2007, 410 000 femmes de 18 à 60 ans ont déclarées avoir été victime de violence conjugale, seulement 21% d’entre elles a déposé plainte. Et ce n’est pas tout, à travail égal les femmes gagnent en moyenne 24,5% de moins que les hommes; elles n’occupent que 27% des sièges à l’Assemblée Nationale et de manière générale seulement 9% des femmes sont cadres contre 14% chez les hommes alors qu’elles ont une meilleure réussite scolaire. Et cette liste n’est pas exhaustive, ça fait froid dans le dos hein?

Quand la banalisation du sexisme mène à la stagnation des inégalités

Si les chiffres donnés plus haut sont pour le moins inquiétants, ils sont le fruit de toute une culture sexiste à laquelle la plupart d’entre nous prenons part, consciemment ou non, qui banalise les inégalités sociales de sexe et la violence. Cinéma, jeux-vidéo, séries télévisées, publicités, livres et bandes dessinées sont autant de médias qui véhiculent et entretiennent régulièrement et grassement le mythe de la femme complètement dépendante de l’homme (et de l’homme bourré de testostérone nécessairement violent), et donc perpétuent les comportements sexistes. La solution n’est pas de boycotter tous ces médias mais bien d’avoir un regard critique sur le message qu’ils véhiculent et de refuser de les entretenir. Dans des jeux vidéo, la femme n’est pas obligée d’être une demoiselle en détresse incapable de se débrouiller sans figure masculine (ex : Mario Bros) ou un personnage sacriafiable au profit de l’intrigue (ex : Max Payne, Dante’s Inferno). Je ne peux que vous encourager à regarder cette série de vidéos qui parlera bien mieux que moi. De même, quelque soit le média, créer un personnage féminin ce n’est pas obligatoirement le réduire à ses attributs physiques, servant simplement de « décors » à une intrigue (Oui, comme une plante verte mais avec des seins). De la même manière, les blagues sexistes, même si « C’est pour rire! », ne font qu’entretenir des représentations dégradantes voire rétrogrades qui mènent, par effet papillon, à ces inégalités et violences.

Respecter et réapprendre à dire « Non »

Je n’aurais pas la prétention de faire le tour de tous les problèmes sexistes qui régissent encore aujourd’hui notre société, ni même de me poser comme féministe qui aurait tout compris à ces problèmes. Néanmoins, j’essaie d’en parler et de comprendre par conviction, parce que l’information est le moteur du changement. Il reste possible d’apprécier un film ou un jeux, il faut simplement être critique et savoir refuser les représentations qu’ils nous imposent. Plus encore, les clichés sexistes ne doivent plus être une solution scénaristique facile. Force est de constater que les inégalités et violences contre les femmes sont aujourd’hui encore bien ancrées dans le quotidien et restent bien souvent dans l’ignorance et le déni. Refusez les inégalités, Refusez les représentations qu’on vous impose, respectez les femmes (Violences Femmes 3919), un « non » est un « non » (SOS Viols 0 800 05 95 95), et informez vous. Souvenez vous, lutter pour une cause se fait à chaque instant et pas un seul jour dans l’année, même si celui-ci permet d’en parler.

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Buggs Bunny + Michael Jordan = Basket Ball

C’est officiel : Le premier article parlant de cinéma sur ce site sera sur un mauvais film, du moins si on en croit l’avis du plus grand nombre. Le titre vous aura sûrement mit sur la piste, je veux bien entendu parler de Space Jam. Soyons clair, j’aime Space Jam, et plus qu’une critique du film, ceci est une déclaration de guerre à tous ses détracteurs (Je reconnais que « Déclaration de guerre » c’est un peu fort).

Petit résumé pour ceux qui ne connaitraient pas : Michael Jordan, légende du basket ball américain avec les Chicago Bulls, prend sa retraite pour jouer au base ball. Pendant ce temps, sur Mars, le méchant dirigeant de parc d’attraction martien veut asservir les Looney Toons pour augmenter les entrées de son parc. Pour se défendre les Toons décident de jouer leur liberté au cours d’un match de basket. Les martien, voyant leur défaite inévitable, se rendent sur terre pour voler le talents des meilleurs joueurs de la NBA. En guise de dernier espoir, les Looney Toons kidnappent Michael Jordan pour lui demander de les entrainer et de jouer cet ultime match à leur côté. Au final, les Looney Toons gagnent le match, les joueurs de la NBA récupèrent leur talent, et Michael Jordan réintègre les Bulls.

Osez me dire que c’est pas le meilleur scénario qui existe, franchement. Non mais plus sérieusement, Space Jam est un film qui, selon moi, est emblématique de la jeunesse des années 90. Un Michael Jordan au sommet de sa carrière, les Looney Toons au sommet de leur carrière aussi, un scénario moisi, un jeu d’acteur encore plus naze (même chez les Looney Toons c’est vous dire), des incrustations souvent douteuses, tout est présent pour que ce film reste à jamais un navet et pourtant je tiens quand même à ce qu’il soit réhabilité, qu’un hommage lui soit rendu car c’est un des grands films de notre enfance, même si objectivement il est nul, comme Maman j’ai raté l’avion ou Twister.